JUIN 2018

L’avenir des excipients

La plupart des excipients couramment utilisés depuis plus de cinquante ans sont toujours utilisés aujourd’hui, et au cours des années, aucune modification majeure n’a été apportée aux spécifications des excipients. Il n’y a pas eu de discussion sur ce qui se passerait si les excipients actuels, ou leurs spécifications n’étaient pas maintenus de façon à répondre aux exigences pertinentes pour garantir que des médicaments efficaces soient régulièrement formulés, développés et fabriqués. Mais des changements se produisent.

 

Nous vivons maintenant dans une ère nouvelle caractérisée par l’arrivée de la chimie combinatoire, le criblage à haut débit, et les technologies recombinantes parallèlement à une meilleure compréhension des protéines, des interactions médicaments-récepteurs, et des anticorps monoclonaux. Par ailleurs, nous possédons maintenant des outils très avancés qui nous permettent de découvrir des médicaments très efficaces. Mais l’innovation dans le domaine des excipients n’est pas adaptée aux développements dans la découverte de médicaments.

 

La plupart des excipients peuvent être considérés comme étant inadéquats pour répondre à certaines exigences de l’industrie. Peu d’excipients présentent des méthodes d’essai satisfaisantes pour détecter l’adultération. Cela soulève certaines questions pour les organismes de réglementation, car il est de leur devoir de protéger le public contre les médicaments contaminés. Les connaissances concernant les excipients ne sont pas assez avancées pour concevoir des formules solides pour certaines molécules de médicaments. Les spécifications ne sont pas assez strictes pour garantir leur utilisation dans la fabrication de certains produits pharmaceutiques.

 

Au cours des dernières années, les pharmacopées ont mis en place des spécifications monographiques mieux définies. Ces actions ont été soutenues par le partenariat du groupe de discussion de la pharmacopée (Pharmacopoeia Discussion Group – PDG) en réaction à certaines controverses et adversités associées à des produits alimentaires et substances officiellement reconnus au cours des dernières années. On parle, entre autres, de glycérine contaminée à Haïti et dans d’autres pays (éthane-1,2-diol et

diéthylèneglycol), d’héparine contaminée en Allemagne et aux États-Unis (sulfate de chondroïtine sursulfaté), et de lait contaminé en Chine (mélamine). La FDA a demandé au United States Pharmacopoeia-National Formulary (USP-NF) de modifier toutes les monographies, ce qui représente un test d’identification particulier (ID-test) pour chaque substance officiellement reconnue, incluant les excipients. Dans le cas des excipients, on a établi une liste de produits chimiques prioritaires n’impliquant pas d’analyse spécifique ou de test d’identification particulier — risquant ainsi la possibilité de laisser passer une substance contaminée. Cette affaire est étudiée de façon plus poussée par les comités d’experts de l’USP-NF.

 

Formulation de médicaments issus de la biotechnologie

La formulation de médicaments issus de la biotechnologie (incluant peptides, protéines et anticorps monoclonaux) fait état de diverses demandes basées sur l’interprétation et le contrôle de la composition des excipients requis. Ceci représente divers problèmes pour le formulateur (utilisateur d’excipients) et le fabricant d’excipients. Les utilisateurs d’excipients ont besoin de plus d’informations et de spécifications plus strictes pour les composantes incluses dans les excipients. Les fabricants doivent déterminer comment produire un produit à un coût efficace et sans interférer avec la performance des excipients, ce qui est important pour leurs clients. Il est important de souligner que la plupart des excipients sont fabriqués en grandes quantités à travers des procédés continus. L’utilisation pharmaceutique peut représenter moins de 10% de la production totale d’un fabricant, et la réalisation de produits administrés par voie parentérale est sans doute inférieure à 10% de l’utilisation pharmaceutique, ce qui constitue donc un usage minime.

 

Les exigences de l’utilisateur (exigences de spécification privilégiées) concernant les excipients et appliquées dans la formulation et la fabrication de médicaments issus de la biotechnologie peuvent fort bien dépasser les modalités proposées par les sources de matières premières et les étapes de fabrication. Comment pouvons-nous résoudre cette impasse évidente? La réponse est déterminée par l’excipient dont il est question. Un certain nombre d’excipients peut se prêter à des procédés de purification simples. D’autres peuvent requérir la purification des matières premières et des réactifs avant le processus de synthèse. Cependant, d’autres peuvent nécessiter des mesures de sécurité supplémentaires en plus de la purification des matières premières et des réactifs, en empêchant, par exemple, la formation de sous-produits, etc. Toutes ces incidences représentent des coûts supplémentaires. Les produits issus de biotechnologies sont généralement très dispendieux en raison du coût élevé des excipients, même si le coût de l’excipient par unité est réduit par la petite quantité utilisée par unité de dose.

 

Il est évident que de nouvelles idées sont nécessaires au niveau de la localisation, de l’achat et de l’utilisation d’excipients dans la fabrication de produits pharmaceutiques issus de la biotechnologie. La possibilité de se procurer certains excipients dans des qualités particulières (pureté accrue ou super raffinée) devrait être examinée. Ces qualités présenteraient des niveaux réduits de composantes concomitantes. D’autre part, développer et de présenter de nouveaux produits au marché ne sera pas nécessairement facile et devra se faire en petites quantités. Implanter ce type de production dans une usine de fabrication qui a été conçue pour produire des milliers de tonnes par année n’est pas simple. La qualité d’une pureté améliorée peut ne pas convenir à tous les utilisateurs, car les autres composantes nécessaires peuvent n’être disponibles que dans la qualité traditionnelle pour des opérations incluant des excipients ou des produits servant à d’autres applications.

 

La question étudiée par les pharmacopées devrait être prise en considération. Une partie des objectifs existants de la pharmacopée est de renforcer les monographies, car elles sont principalement associées à la détection d’adultération. Comment intégrer des qualités de pureté améliorées à la monographie pour une composante spécifique? Ces cas présentent-ils des possibilités positives?

 

Considérons, par exemple, des huiles végétales fixes. La composition en acides gras seule n’est pas suffisante pour déterminer la contamination, mais lorsqu’elle est intégrée à la composition en stérols, elles collaborent l’une avec l’autre. Ces qualités de pureté améliorées auront possiblement une composition modifiée en acides gras et une teneur réduite en stérols. Les critères des tests fusionnés suffiront-ils pour déterminer la contamination à un niveau suffisamment bas?

 

Les huiles fixes peuvent ne pas être applicables à la formulation de la majorité des produits pharmaceutiques issus de la biotechnologie, mais les acides gras et les questions connexes s’appliquent.

 

Quelle est la marge de temps idéale d’attente? Les éléments sont-ils intégrés à un produit pharmaceutique fini? Comment pouvons-nous les intégrer aux pharmacopées? Doit-on créer une monographie distincte, ou devons-nous explorer d’autres options pour les intégrer à la monographie existante? Le moment est venu pour les fabricants de produits pharmaceutiques et biopharmaceutiques de sérieusement considérer les excipients.

 

Offrant une documentation de produit complète, A&C est au premier rang des excipients personnalisés. La bonne nouvelle est que des changements se produisent dans le marché des excipients, démontrant par ailleurs comment les fabricants pharmaceutiques et biopharmaceutiques peuvent réduire les coûts de manière efficace.

** Cet article est écrit par IPEC Americas. **

 

MAI 2018

Sous pression — comment tirer le meilleur parti de la recherche et du développement des procédés

La recherche et le développement de procédés pharmaceutiques (R et D) sont indispensables au développement de médicaments personnalisés et de traitements innovateurs qui s’attaquent efficacement aux maladies. En vue de la croissance en matière de disponibilité et d’accessibilité des traitements pour les patients, la pression pour manifester de meilleurs produits à moindre coût se fait de plus en plus importante. Un fait dont la réalité s’accroit tandis que l’Europe est confrontée à une concurrence grandissante d’économies émergentes, comme le Brésil et la Chine.

C’est ici que des organismes de recherche et de fabrication en sous-traitance peuvent jouer un rôle essentiel en aidant les fabricants de médicaments à élaborer des procédés compétitifs sans risque de contrefaçon de brevet et avec des délais plus courts de mise sur le marché. Mais commençons par le commencement…

 

Recherche et développement de procédés
Dans l’industrie pharmaceutique, la recherche et le développement doivent satisfaire une longue liste de critères. Ceux-ci comprennent la sélection de processus de synthèse optimaux, la disponibilité des matières premières, les procédés de synthèse antérieurs, un panorama de la propriété intellectuelle, les critères de qualité et contraintes réglementaires, ainsi que les préoccupations en matière de sécurité chimique, de toxicité et de durabilité environnementale.

Des conditions optimales au niveau de la recherche et du développement de procédés sont essentielles, car elles permettent à l’entreprise pharmaceutique d’économiser des frais importants. Comment? En élaborant de nouveaux concepts, en employant de nouvelles méthodologies et en utilisant des technologies susceptibles de réduire les étapes chimiques, d’assurer la qualité et la sécurité des produits, et de garantir des rendements et des délais de livraison constants tout en réduisant les déchets.

Procédés de synthèse antérieurs
Créer des procédés de synthèse compétitifs, libres de propriétés intellectuelles dans le but de contrôler les coûts des matériaux et de fabrication est une initiative de créativité et d’inventivité. Affirmer et maintenir un avantage concurrentiel, éviter les risques de contrefaçon de brevet, et toujours respecter les délais de lancement des produits nécessite des ressources et un travail méticuleux.

 

Matières premières
Une sélection astucieuse des matières premières peut avoir un impact majeur sur le coût global de l’élaboration du procédé chimique. Qu’il s’agisse d’améliorer radicalement les propriétés de substances existantes ou de développer de nouvelles substances synthétiques, une sélection optimale, l’approvisionnement, le contrôle de la qualité et la gestion efficace des matières premières peuvent réduire la durée des processus et les rendre plus écologiques et évolutifs.

Chez A&C, les excipients, les ingrédients pharmaceutiques actifs, les solutions de traitement, les agents de conservation, les produits spéciaux et personnalisés et les solvants sont approuvés par EXCiPACT et BPF. L’équipe qualité d’A&C peut adapter divers ingrédients pharmaceutiques en fonction des monographies USP, NF, PhEur, JP, etc.

 

Procédés de fabrication sans gaspillage

Concevoir des procédés de fabrication transparents et durables peut offrir d’énormes avantages en matière d’utilisation efficace des ressources, de la qualité des produits et de la compétitivité. Des processus de fabrication améliorés peuvent garantir la fidélité et l’évolutivité du procédé, tout en générant moins de déchets et en améliorant la durabilité. Cela peut être accompli par des procédés chimiques ou par l’utilisation de catalyseurs plus efficaces, par l’adoption de stratégies de contrôle avancées des processus, et la mise en œuvre de nouvelles technologies et concepts de réaction et de séparation.

 

L’emplacement géographique a son importance

De nombreux organismes de recherche et de fabrication en sous-traitance transfèrent leurs unités de R et D dans des villes plus petites où les coûts opérationnels et de main-d’œuvre sont plus bas et où les communautés universitaires et les productions scientifiques de haute qualité peuvent apporter de nouvelles perspectives, stimuler de nouvelles idées et les appliquer au monde de la recherche et du développement de solutions de pointe.

 

** Cet article a été écrit par Maria Andrielou, Thanos Andreou de Pharma Outsourcing. **

MAI 2018

Formulation de produits topiques contenant des microorganismes vivants comme ingrédient actif

Des études de cas comparent des tests mesurant l’efficacité d’agents de conservation de formulations topiques avec substances probiotiques actives.

Au cours des dernières années, de nombreux produits topiques de soins personnels probiotiques ont été lancés sur le marché (1). Dans un article paru dans Dermatology Times (2) en août 2016, Patricia Farris, dermatologue, concluait: «Les études examinées suggèrent que les compositions topiques incluant des prébiotiques, probiotiques et les lysats cellulaires bactériens fournissent des bienfaits démontrables sur la peau… Mais pour le moment, des études supplémentaires semblent nécessaires pour déterminer si ces produits valent vraiment le battage médiatique qu’ils reçoivent.» Ces revues scientifiques ne manquent toutefois pas d’observer que généralement, des résultats d’essais cliniques bien conçus et contrôlés ne sont pas disponibles pour les demi-solides topiques contenant des microorganismes vivants. Une des raisons pour lesquelles les thérapies probiotiques topiques n’ont pas dépassé le cadre réglementaire de surveillance après commercialisation pour passer aux essais cliniques contrôlés d’approbation de nouveaux médicaments réside dans la difficulté de concilier les exigences microbiologiques de la FDA concernant les produits qui contiennent des microorganismes vivants. Plus spécifiquement, comment une suspension topique contenant plus de 50 000 unités formant des colonies (UFC) d’ingrédients pharmaceutiques actifs probiotiques (API) peut-elle passer des tests de dénombrement microbiologique (USP <61>) (3) pour des organismes spécifiques? (USP <62>) (4) et d’efficacité des agents de conservation antimicrobiens (USP <51>) (5)?

Dans le but d’explorer la stratégie de conservation adéquate de la formulation, ce texte présente deux études de cas où un agent de conservation de spectre suffisamment étroit est utilisé pour maintenir la viabilité/puissance des formulations topiques avec substances probiotiques actives. La première étude de cas utilise une souche probiotique de Propionibacterium acnes (P. acnes). P. acnes est un bacille anaérobie lipophile à Gram positif qui réside dans l’unité pilosébacée de la peau humaine. Il existe des centaines de souches différentes de P. acnes. Les lipases, les protéases et les hyaluronidases sécrétées par certaines souches de P. acnes endommagent la muqueuse de l’unité pilosébacée et activent la production de cytokines pro-inflammatoires qui, à leur tour, conduisent à l’acné commune. D’autres souches de P. acnes ne produisent aucune réponse inflammatoire et n’induisent donc pas de symptômes d’acné commune. Une de ces souches non inflammatoires de P. acnes a été choisie comme «ingrédient actif» dans la formulation d’un produit topique. Dans la seconde étude de cas, le microorganisme utilisé est un bactériophage (phage), qui est un virus qui infecte une bactérie et s’y reproduit, causant finalement la mort bactérienne. Le phage utilisé dans cette étude a été isolé à partir des marqueurs folliculaires obtenus de volontaires avec comédons faciaux. Afin de déterminer la portée de l’efficacité et pour s’assurer que le phage sélectionné était approprié pour infecter et éradiquer les souches pathogènes (inflammatoires) de P. acnes, les bactériophages ont été identifiés et isolés à partir des comédons et ont été propagés en utilisant un procédé d’amplification pour ensuite être mis en culture sur boîte de Petri avec différentes souches de P. acnes.

La formulation d’un microorganisme vivant est fondamentalement différente de la formulation d’un produit topique actif à petites molécules. Étant donné que les produits probiotiques ou dérivés de phages de P. acnes seront administrés sous forme de suspensions, la solubilité du principe actif, la compatibilité avec les solvants et la pénétration à travers la couche cornée de la peau ne sont pas considérées dans le développement de formulations topiques avec substances probiotiques actives. En revanche, les formulations probiotiques aqueuses exigent que le pH et l’osmolalité soient ajustés en fonction de valeurs qui assurent un environnement favorable pour la viabilité des microorganismes. Dans ces deux études de cas, huit formulations différentes contenant des agents de conservation ont été testées pour la viabilité des microorganismes vivants plus de six semaines après le compoundage.

Matériaux et procédés

La souche faiblement immunogène de P. acnes (formulations avec substances probiotiques actives) et de phage qui attaque P. acnes pathogène (éditeur de microbiomes) a été fournie par Phi Therapeutics. Deux produits aqueux gélifiés ont été préparés dans le but de formuler des produits élégants du point de vue cosmétique: hydroxyéthylcellulose à 1,5% p/p et polymère d’acide polyacrylique ou carbomère (Carbopol 980, Lubrizol) à 0,75% p/p, tous deux titrés avec du propylène glycol jusqu’à isosmotique (~ 285 mOsm / k). Les deux gels ont été préparés avec les systèmes de conservation suivants: sans agent de conservation, méthylparabène (0,1%) et propylparabène (0,02%), phénoxyéthanol (1,0%) et sorbate de potassium (0,2%). En outre, deux produits ont été fabriqués: un mélange 80:20 eau:propylèneglycol (p/p) et un mélange 80:20 eau: éthanol (p/p). Les deux mélanges en solution ont été jugés comme autoconservateurs. Le pH a été mesuré pour tous les produits, sans qu’aucun modificateur de pH n’ait été ajouté. Après l’ajout de microorganismes actifs, des tests de stabilité et de viabilité actives ont été menés toutes les deux semaines avec dilution et mise en culture sur boîte de Petri des produits formulés à une concentration connue de microorganismes actifs. La concentration de P. acnes a été calculée dans la promotion de la croissance par une mise en culture sur boîte de Petri (dilué) et par rétrocalcul; le nombre de phages a été calculé par une mise en culture sur boîte de Petri de dilutions sur tapis bactériens et en recherchant la présence de zones mortelles.

Saviez-vous que l’agent de conservation 2-phénoxyéthanol d’A&C a été utilisé dans l’étude de cas? Cliquez sur http://acggp.com/excipients-processing-solutions/ pour en savoir plus sur le 2-phénoxyéthanol.

** Cet article a été écrit par Jason Carbol, Pia Isabel Tan, Varma Yug, David W. Osborne de Pharmaceutical Technology. **

MAI 2018

Vaccins et résistance aux agents antimicrobiens: renforcer la lutte

 

La semaine mondiale de la vaccination ayant eu lieu le mois dernier sous le thème: «Protégés ensemble : les vaccins, ça marche», a de nouveau souligné l’action collective nécessaire afin de protéger chaque personne de maladies qui peuvent être évitées par la vaccination. L’événement encourage les gens de tous les milieux — des donateurs au grand public — à pousser plus loin leurs efforts pour étendre la couverture vaccinale pour le bien commun.

À l’occasion des événements de la semaine, Pharm Exec a parlé à Thomas Cueni, directeur général de la Fédération internationale de l’industrie du médicament (FIIM) et président de l’AMR Industry Alliance, au sujet de l’importance critique des vaccins dans la lutte contre la résistance antimicrobienne et de l’ardeur avec laquelle l’Alliance mobilise les efforts de l’industrie pour s’attaquer à ce problème prioritaire en matière de santé mondiale.

Comment les vaccins peuvent-ils contribuer à réduire la résistance aux agents antimicrobiens?

Thomas Cueni: Les vaccins sont des outils essentiels et puissants dans la lutte contre la résistance aux agents antimicrobiens et les maladies infectieuses; non seulement sauvent-ils des vies, mais ils réduisent aussi la capacité des microbes à développer une résistance:

  • Ils réduisent le besoin d’antibiotiques par la prévention d’infections bactériennes avant leur apparition; éliminant ainsi le besoin de traiter les infections. Faciliter l’accès à des vaccins tels que les pneumococciques et méningococciques conjugués peut réduire les taux d’infection et par conséquent l’utilisation d’antibiotiques.
  • Ils réduisent l’incidence d’infections virales, qui sont fréquemment indûment traitées avec des antibiotiques et qui peuvent mener à des infections secondaires nécessitant un traitement antibiotique. L’immunisation contre la grippe virale, par exemple, peut réduire jusqu’à 64% l’utilisation d’antibiotiques chez les personnes vaccinées.
  • Grâce à la protection directe qu’ils offrent aux personnes vaccinées et en réduisant le portage (l’infection d’un individu sans symptômes), ils réduisent le nombre d’infections dans la population, et limitent la propagation des infections au sein d’une communauté (immunité collective).
  • En réduisant le volume des visites aux points de soins, particulièrement les hôpitaux, qui peuvent souvent être des sources d’infections, les vaccins limitent la propagation d’organismes possédant la résistance aux agents antimicrobiens au sein des communautés.

Nous faisons ressortir l’importance donnée aux vaccins dans le premier rapport d’étape de l’AMR Industry Alliance. Regroupant plus de 100 sociétés biotechnologiques, diagnostiques, et productrices de médicaments génériques et biopharmaceutiques, la nouvelle Alliance souligne que le plein potentiel des vaccins n’a pas encore été pleinement exploré.

Que faut-il faire pour que la vaccination puisse contribuer à réduire la résistance aux agents antimicrobiens?

Les vaccins peuvent être utilisés de trois façons dans la lutte contre la résistance aux agents antimicrobiens. Premièrement, les efforts actuels de vaccination promus par le biais des programmes nationaux de vaccination doivent être encouragés, et l’accès universel aux vaccins existants doit être élargi. Les efforts déployés mondialement pour éradiquer la variole démontrent qu’il s’agit d’une perspective réalisable.

Deuxièmement, les programmes de vaccination doivent être offerts aux enfants comme aux adultes dans le cadre d’une approche de prévention des maladies fondée sur les parcours de vie mettant aussi l’accent sur l’importance de la vaccination à tous les stades de la vie. Les programmes de vaccination des adultes offrent une approche rentable pour la promotion de la santé et du bien-être chez les personnes âgées et chez les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents.

Troisièmement, l’industrie des sciences de la vie doit prioriser la recherche et le développement de nouveaux vaccins — particulièrement pour les maladies qui présentent les plus grandes menaces de résistance aux médicaments (l’Organisation mondiale de la santé a une liste prioritaire de bactéries résistantes aux antibiotiques). Développer de nouveaux vaccins présente des défis scientifiques et commerciaux qui pour être surmontés requièrent plus d’investissements publics et privés, ainsi que des incitations économiques et réglementaires.

Quel est l’impact de la vaccination sur le ralentissement de la résistance aux antibiotiques de nos jours?

La vaccination a un rôle crucial à jouer dans la lutte contre la résistance aux agents antimicrobiens. La résistance aux agents antibiotiques a le pouvoir de nous ramener à une époque où des infections mineures étaient mortelles. Depuis les années 1970, par exemple, la bactérie typhoïde évolue, et la typhoïde, une maladie infectieuse par ailleurs évitable par la vaccination, devient de plus en plus résistante aux antibiotiques, entraînant l’émergence d’une typhoïde résistante à de multiples médicaments. Aujourd’hui, les vaccins ciblant les bactéries potentiellement résistantes aux agents antimicrobiens comprennent: le choléra, la diphtérie, l’infection pneumococcique invasive, la méningite, et la fièvre typhoïde.

Plus de choses pourraient être faites, par exemple, pour mettre fin à l’utilisation abusive, si commune, d’antibiotiques dans des cas d’états grippaux. Cette situation si fréquente tient du fait que les symptômes ressemblent souvent à ceux qui sont présents dans le cas d’une infection bactérienne et que le recours aux diagnostics de lieux d’intervention n’est pas systématique. La vaccination aide à réduire l’incidence des infections grippales et, ainsi, les possibilités d’abus d’antibiotiques. L’immunisation contre la grippe contribue également à réduire la consommation d’antibiotiques, car elle prévient le développement d’infections bactériennes associées à la grippe (également appelées «surinfections»).

Les vaccins sont-ils suffisamment utilisés pour ralentir la résistance aux antibiotiques?

Non: une étude publiée dans The Lancet [1] estime qu’un accès universel au vaccin antipneumococcique pourrait prévenir d’utilisation d’antibiotiques sur 11,4 millions de jours par an chez les enfants de moins de cinq ans, tandis qu’une couverture vaccinale accrue du vaccin antirotavirus pourrait contribuer à réduire le recours excessif aux antibiotiques pour traiter les maladies diarrhéiques.

La vaccination au cours de la vie est plus importante que jamais. Il est crucial d’améliorer l’accès aux vaccins pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), mais c’est aussi une stratégie fondamentale pour atteindre d’autres priorités en matière de santé, comme la lutte contre la résistance aux agents antimicrobiens. La vaccination universelle et la mise au point ou l’amélioration de nouveaux vaccins sont des mesures importantes dans la lutte à long terme contre la résistance aux agents antimicrobiens.

Concernant la résistance aux agents antimicrobiens, sur quelle sorte de vaccins l’industrie des sciences de la vie travaille-t-elle?

Six membres de l’AMR Industry Alliance sont couramment impliqués dans la recherche et le développement sur les vaccins liés à la résistance aux agents antimicrobiens, et on parle de 13 vaccins expérimentaux en développement actif au cours les cinq dernières années. Certains des vaccins bactériens candidats pertinents sont en phase I, ou à un stade plus avancé du développement clinique, incluant des vaccins potentiels pour la tuberculose, streptococcus pneumoniae, C. difficile, et s.aureas. Cependant, les vaccins pertinents dans le cas de la résistance aux agents antimicrobiens font face à des barrières scientifiques et réglementaires particulières: leur population cible est généralement beaucoup moins nombreuse, plus vulnérable et contient des patients qui sont plus susceptibles de posséder un système immunitaire affaibli, ce qui nuit à la pleine efficacité du vaccin. Ce défi fondamental, en plus d’approbations réglementaires supplémentaires requises dans certains pays, crée des perspectives économiques pénibles.

Considérant l’ampleur des défis présentés par la résistance aux agents antimicrobiens, la recherche et de développement poursuivis dans ce domaine sont-ils suffisants?

La vaccination universelle et le succès au niveau du développement de vaccins novateurs ou améliorés sont des mesures importantes dans la lutte à long terme contre la résistance aux agents antimicrobiens. Le premier rapport d’étape d’AMR Industry Alliance a montré qu’en 2016, 22 entreprises de l’Alliance ont investi au moins 2 milliards de dollars en recherche et développement du secteur des produits afférents à la résistance aux agents antimicrobiens. En plus des 13 vaccins candidats contre les bactéries cliniques, les fonds couvrent les coûts de R et D précoce — explorant de nouvelles classes de produits, dix antibiotiques en phase avancée de développement clinique, 18 produits de diagnostic pertinents au contexte de la résistance aux agents antimicrobiens, et autres thérapies préventives. La majorité des entreprises de l’Alliance considèrent que les incitations à la recherche et au développement sont «prometteuses, mais avec encore beaucoup de travail à faire» ou qu’elles sont «insuffisantes par rapport au défi présenté». Néanmoins, les entreprises impliquées dans la recherche et le développement de vaccins conjuguent leurs efforts pour travailler ensemble en tant qu’industrie afin d’aborder la résistance aux agents antimicrobiens et d’établir des partenariats avec les leaders et donateurs mondiaux dans le but d’assurer que la vaccination puisse jouer pleinement son rôle pour parvenir aux objectifs en matière de santé publique mondiale.

Quel est le rôle de l’industrie des sciences de la vie et plus particulièrement de la nouvelle AMR Industry Alliance en matière de vaccins et de réduction de la résistance aux agents antimicrobiens?

L’Alliance est une initiative de l’industrie regroupant plus de 100 sociétés de différents secteurs, tels que la biotechnologie, le diagnostic, les médicaments génériques et la R et D pharmaceutique, qui promettent de respecter des engagements spécifiques. Un des principaux objectifs est d’encourager l’application d’approches novatrices dans l’utilisation de mesures alternatives aux agents antimicrobiens, et de nouvelles technologies de diagnostic et de vaccins. L’Alliance préconise un déploiement intégré de vaccins et de médicaments, de diagnostics, d’antibiotiques et autres thérapies pour s’attaquer aux multiples défis s’inscrivant dans le continuum des soins, de la prévention, à la surveillance, au dépistage, jusqu’au traitement.

Depuis quelques années, la résistance aux agents antimicrobiens figure au premier plan des politiques mondiales de santé; selon vous, les mesures entreprises sont-elles suffisantes? Que faudrait-il faire de plus pour que les vaccins contribuent davantage à réduire la résistance aux agents antimicrobiens?

Le chemin qui reste à parcourir est considérable et l’ampleur de la résistance aux agents antimicrobiens n’a jamais été aussi vaste. Bien qu’il soit reconnu que les vaccins font partie de la solution, leur contribution à la lutte contre la résistance aux agents antimicrobiens n’a pas encore suffisamment été explorée. Le succès de l’élaboration de vaccins et de la vaccination universelle contre les maladies à charge élevée constitueront des étapes majeures dans cette lutte. Les vaccins doivent être considérés comme de puissants outils dans notre arsenal contre la propagation de la résistance aux agents antibiotiques. Non seulement pour alléger le fardeau des maladies infectieuses de manière préventive, mais aussi pour réduire la prévalence de la résistance en réduisant le besoin d’antibiotiques.

Améliorer l’accès aux vaccins devrait non seulement être considéré comme essentiel à la couverture universelle et à la plupart des objectifs de développement durable, mais aussi, comme fondamental à la réalisation d’autres priorités en matière de santé, comme la lutte contre la résistance aux agents antimicrobiens.

** Cet article a été écrit par Julian Upton de Pharmaceutical Executive. **

MAI 2018

Connaissez-vous les composantes d’un vaccin et les raisons de leur présence?

 

En plus d’antigènes particuliers, un vaccin contient des additifs qui peuvent comprendre des adjuvants, des agents de conservation, des stabilisants, des agents de conjugaison et des antibiotiques.

Les adjuvants améliorent la réponse immunitaire à un antigène vaccinal (immunogène) et permettent l’utilisation de plus petites quantités d’antigène. Les adjuvants les plus couramment utilisés aux États-Unis sont les sels d’aluminium, comme l’hydroxyde d’aluminium ou le phosphate d’aluminium. Originalement, on croyait que les sels d’aluminium jouaient un rôle dépositaire pour l’antigène vaccinant, mais on pense maintenant qu’ils jouent aussi un rôle dans la modulation de la réaction inflammatoire.

Au cours des six premiers mois de la vie, la quantité totale d’aluminium contenue dans tous les vaccins systématiquement recommandés est d’environ 4 milligrammes (mg). Cette quantité constitue environ la moitié de l’aluminium reçu à travers le lait maternel, et moins d’un dixième de l’aluminium reçu à partir de préparations destinées aux nourrissons pendant les six premiers mois de la vie. Utilisés depuis plus de 70 ans, les sels d’aluminium se sont révélés sécuritaires et efficaces.

En 2009, Cervarix (vaccin bivalent contre le papillomavirus) a été homologué aux États-Unis (bien qu’il ne soit plus disponible dans ce pays). Le vaccin contient un système d’adjuvant novateur (AS04), connu sous le nom de lipide A monophosphoryle (une endotoxine détoxiquée), conçu pour améliorer la réponse immunitaire. Le vaccin a été administré en toute sécurité à des centaines de milliers de personnes.

Fluad a été homologué par la Food and Drug Administration en novembre 2015 comme premier vaccin contre la grippe saisonnière contenant un nouvel adjuvant. Fluad est autorisé pour les personnes de 65 ans ou plus, mais il pourrait aussi devenir accessible pour les enfants. Le vaccin contient l’adjuvant MF59 qui est composé d’une émulsion huile-eau à base d’huile de scalène. Le scalène est naturellement présent chez l’être humain et est une des principales composantes des lipides qui se trouvent à la surface de l’épiderme.

Des agents de conservation sont ajoutés aux vaccins afin d’empêcher la croissance bactérienne ou fongique susceptibles de causer une contamination dans l’utilisation d’un contenant à doses multiples. Quatre agents de conservation sont actuellement utilisés dans certains vaccins: le thimérosal, le 2-phénoxyéthanol, le phénol et le chlorure de benzéthonium. Certains agents de conservation ne peuvent pas être combinés à certains antigènes. Par exemple, le thimérosal ne peut être utilisé pour le vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI), car il pourrait réduire la puissance de certains sérotypes du virus poliomyétique. Les formulations de vaccins IPV incluent plutôt le 2-phénoxyéthanol.

Les stabilisants protègent un vaccin de la dégradation et des extrêmes de températures pendant la production, l’expédition et le stockage. Ils se composent de protéines (albumine sérique humaine, gélatine), de sucres (saccharose, lactose) ou d’acides aminés (glycine, acide glutamique). Les antigènes se trouvant en quantités si minimes dans un vaccin, les stabilisants minimisent aussi l’adhérence au verre dans un flacon ou dans une seringue. Un vaccin H. influenza de type b ne contient que 10 µg d’antigène polysaccharidique par dose. Les vaccins vivants peuvent renfermer des antigènes en quantités aussi infimes que des nanogrammes (103-105 particules virales par dose).

La protection immunitaire contre les bactéries encapsulées, comme Neisseria meningitidis, S. pneumoniae et H. influenza de type b, est induite par les polysaccharides capsulaires. Lorsqu’ils sont utilisés dans des vaccins inactivés, les polysaccharides capsulaires sont faiblement immunogènes et ne conduisent pas à une immunisation durable. La conjugaison du polysaccharide capsulaire et d’une protéine porteuse modifie la nature de la réponse immunitaire et convertit le polysaccharide en un puissant immunogène qui peut être utilisé efficacement dans un vaccin. Les coûts élevés entraînés par la complexité du processus de fabrication sont des inconvénients particuliers aux vaccins conjugués.

Les protéines employées comme supports incluent le toxoïde tétanique, l’anatoxine diphtérique, et le CRM197 (toxine diphtérique naturelle non toxique). Selon des informations récentes, le support protéique ne doit pas nécessairement être directement lié au polysaccharide pour promouvoir la réponse immunitaire. Fixer l’antigène capsulaire de polysaccharide à une matrice protéique peut accroître l’immunogénicité d’un vaccin aussi efficacement qu’une liaison covalente (Thanawastien A, et al. Proc Natl Acad Sci USA 2015; 112: e1143-e1151). Si ce processus s’avérait efficace, la fabrication de vaccins conjugués pourrait s’accomplir dans un processus plus simple qui permettrait des coûts de production réduits du vaccin tout en offrant une utilisation élargie dans les pays en développement.

Les agents de conservation n’éliminent pas les risques de contamination, il est donc fréquent d’ajouter des agents antimicrobiens aux formulations de vaccin. Les antibiotiques contenus dans les vaccins autorisés comprennent la streptomycine, la polymyxine B, la néomycine et la gentamicine. Les antibiotiques bêta-lactames ne sont pas présents dans les vaccins. Un antécédent d’allergie à la pénicilline n’est donc pas une raison valable pour éviter l’immunisation.

Les vaccins peuvent contenir de minuscules quantités de matières résiduelles provenant du procédé de fabrication autorisé, incluant des protéines de levure, du formaldéhyde et de l’ADN cellulaire.

Il est important de ne pas oublier qu’en dépit de leur complexité, les vaccins sont remarquablement sécuritaires et efficaces, et les effets indésirables des vaccins sont contrôlés de façon constante. On estime que les risques de réactions anaphylactiques à tout vaccin sont à un cas par million ou deux millions de doses de vaccin administrées.

** Cet article a été écrit par H. Cody Meissner, M.D., FAAP de APP News & Journals. **

AVRIL 2018

Méthode de criblage à haut débit des excipients

La plateforme robotique Tecan, un des plus récents développements dans l’industrie pharmaceutique, facilite la formulation pharmaceutique d’excipients grâce à une technologie sophistiquée d’une grande efficacité.

Les composés doivent être classés en fonction de la toxicologie, de la biodisponibilité, de la pharmacocinétique (PK), ainsi que des profils pharmacologiques du produit au début du stade de développement. Le composé doit être dissous dans une solution de niveaux de concentration élevés pour obtenir un résultat thérapeutique. Le principal obstacle au développement de médicaments est une faible solubilité dans l’eau.

 

Méthodologies actuelles

Des techniques de modifications chimiques, de modifications physiques et de modification de solvant doivent être utilisées pour favoriser les taux de solubilité. Ces techniques seront déterminées en fonction des propriétés des composés chimiques, de l’état physique de la préparation et du mode d’administration. Des modifications sont fréquemment apportées au solvant et au système de support pendant la préparation de formulations liquides, car ils affectent uniquement les composantes de solvation des médicaments plutôt que les propriétés à l’état solide.

Des excipients peuvent être utilisés pour favoriser la solubilité de composés peu solubles. Le choix des excipients appropriés sera déterminé en fonction de plusieurs analyses et essais basés sur différentes méthodologies fondées sur la recherche. Cette procédure est coûteuse, nécessite beaucoup de temps et de grandes quantités de matériel; elle doit donc être considérée attentivement.

Développement d’une méthode de criblage à haut débit

La mise en œuvre d’une méthode de criblage à haut débit devrait permettre aux sociétés pharmaceutiques de résoudre les problèmes liés au choix d’un ou de plusieurs excipients. La méthodologie serait créée de façon à réduire les quantités d’IPA utilisées, afin d’assurer des résultats viables et efficaces sur le plan commercial. Pour faciliter la prise de décision, il est nécessaire de créer une plateforme qui fournira des informations sur la stabilité chimique d’un composé en présence de différents solvants et excipients.

De nombreuses expériences ont été menées pour déterminer la méthodologie. La liste de sélection est principalement axée sur les excipients possédant différents mécanismes de solubilisation, se composant de solvants organiques hydrosolubles, d’agents tensioactifs non ioniques, de lipides hydro-insolubles, de liquides/demi-solides organiques, de cyclodextrines et de phospholipides.

Le système de libération de médicament sera déterminé en fonction du type d’excipients utilisé. Les composés administrés par voie orale nécessiteront des excipients différents des solutions injectables. La concentration finale des excipients sélectionnés est nécessaire afin de s’assurer que la liste (GRAS) des concentrations recommandées est sûre. Il est essentiel d’identifier le bon excipient dans sa concentration maximale individuelle, particulièrement pour les formulations parentérales, car des doses trop élevées peuvent provoquer une douleur, une hémolyse ou une inflammation.

Une nouvelle méthodologie

La plate-forme de criblage à haut débit implique l’identification de la capacité de solubilisation de chaque excipient pour un composé donné. En permettant de mener plusieurs tests en même temps, le délai nécessaire pour identifier un excipient devrait être réduit.

Six substances présentant diverses propriétés chimiques et disponibles dans le commerce ont été utilisées pour développer cette méthode. Pour effectuer des tests, 30 excipients ont été distribués dans 96 plaques à cupules par l’intermédiaire d’un système robotique entièrement automatisé (Tecan). Trois plaques ont été examinées pour déterminer chaque composé. Les plaques ont été agitées pendant 48 heures afin d’obtenir un équilibre. Les résultats ont été comparés à des mesures de solubilité effectuées à l’aide d’une méthode par agitation manuelle en flacon où 15 mg de poudre et 2 ml d’excipient avaient été ajoutés. Les échantillons ont à nouveau été secoués pendant 48 heures, centrifugés, puis analysés par chromatographie liquide à haute performance (CLHP) pour déterminer la solubilité et pour détecter toute dégradation. Les analyses ont été effectuées en triple.

Résultats

Les résultats ont démontré que certains excipients offrent une meilleure capacité de solubilisation que d’autres. Les résultats ont confirmé qu’une solubilité tributaire du pH est une méthode bénéfique pour les composés ionisables, surtout lorsqu’elle est jumelée à un autre excipient solubilisant. L’ajout d’une barrière solide à la solubilisation d’un composé semble produire un résultat plus prononcé au niveau du seuil de l’état solide. Avant le seuil, la solubilisation du composé était plus spécifique au composé, il est donc nécessaire d’effectuer des tests sur une plus vaste gamme d’excipients.

Les résultats obtenus à partir de la méthode de criblage à haut débit prouvent que l’utilisation de cette méthode pour la solubilité n’aboutit pas à des données numériques différentes par rapport aux données obtenues précédemment en utilisant une approche manuelle. Cette méthode peut fournir des données sur la capacité de solubilisation des composés avec divers excipients, tout en donnant une idée de la stabilité.

La méthode de criblage à haut débit résout les problèmes liés aux approches manuelles en offrant un meilleur rapport coût-efficacité et en utilisant les matériaux de façon plus économique, alors qu’on fait des efforts pour atteindre ces résultats en trois à cinq jours pour chaque ensemble de composés.

Conclusion

Le développement de la plateforme a généré de nouvelles circonstances opportunes pour réduire les délais et les coûts d’élaboration de médicaments. Par ailleurs, l’information recueillie durant le dépistage sera bénéfique dans les stades avancés du développement des formulations. Les excipients seront choisis en fonction des propriétés moléculaires uniques de l’IPA pour conduire à un processus plus rapide. La façon dont les développeurs évaluent la solubilité d’un composé serait ainsi transformée de façon à contribuer à l’augmentation de la probabilité de réussite de la formulation.

** Présenté par Amjad Alhalaweh, de Pharmaceutical Technology. **

AVRIL 2018

Méthode de criblage à haut débit des excipients

La plateforme robotique Tecan, un des plus récents développements dans l’industrie pharmaceutique, facilite la formulation pharmaceutique d’excipients grâce à une technologie sophistiquée d’une grande efficacité.

Les composés doivent être classés en fonction de la toxicologie, de la biodisponibilité, de la pharmacocinétique (PK), ainsi que des profils pharmacologiques du produit au début du stade de développement. Le composé doit être dissous dans une solution de niveaux de concentration élevés pour obtenir un résultat thérapeutique. Le principal obstacle au développement de médicaments est une faible solubilité dans l’eau.

 

Méthodologies actuelles

Des techniques de modifications chimiques, de modifications physiques et de modification de solvant doivent être utilisées pour favoriser les taux de solubilité. Ces techniques seront déterminées en fonction des propriétés des composés chimiques, de l’état physique de la préparation et du mode d’administration. Des modifications sont fréquemment apportées au solvant et au système de support pendant la préparation de formulations liquides, car ils affectent uniquement les composantes de solvation des médicaments plutôt que les propriétés à l’état solide.

Des excipients peuvent être utilisés pour favoriser la solubilité de composés peu solubles. Le choix des excipients appropriés sera déterminé en fonction de plusieurs analyses et essais basés sur différentes méthodologies fondées sur la recherche. Cette procédure est coûteuse, nécessite beaucoup de temps et de grandes quantités de matériel; elle doit donc être considérée attentivement.

Développement d’une méthode de criblage à haut débit

La mise en œuvre d’une méthode de criblage à haut débit devrait permettre aux sociétés pharmaceutiques de résoudre les problèmes liés au choix d’un ou de plusieurs excipients. La méthodologie serait créée de façon à réduire les quantités d’IPA utilisées, afin d’assurer des résultats viables et efficaces sur le plan commercial. Pour faciliter la prise de décision, il est nécessaire de créer une plateforme qui fournira des informations sur la stabilité chimique d’un composé en présence de différents solvants et excipients.

De nombreuses expériences ont été menées pour déterminer la méthodologie. La liste de sélection est principalement axée sur les excipients possédant différents mécanismes de solubilisation, se composant de solvants organiques hydrosolubles, d’agents tensioactifs non ioniques, de lipides hydro-insolubles, de liquides/demi-solides organiques, de cyclodextrines et de phospholipides.

Le système de libération de médicament sera déterminé en fonction du type d’excipients utilisé. Les composés administrés par voie orale nécessiteront des excipients différents des solutions injectables. La concentration finale des excipients sélectionnés est nécessaire afin de s’assurer que la liste (GRAS) des concentrations recommandées est sûre. Il est essentiel d’identifier le bon excipient dans sa concentration maximale individuelle, particulièrement pour les formulations parentérales, car des doses trop élevées peuvent provoquer une douleur, une hémolyse ou une inflammation.

Une nouvelle méthodologie

La plate-forme de criblage à haut débit implique l’identification de la capacité de solubilisation de chaque excipient pour un composé donné. En permettant de mener plusieurs tests en même temps, le délai nécessaire pour identifier un excipient devrait être réduit.

Six substances présentant diverses propriétés chimiques et disponibles dans le commerce ont été utilisées pour développer cette méthode. Pour effectuer des tests, 30 excipients ont été distribués dans 96 plaques à cupules par l’intermédiaire d’un système robotique entièrement automatisé (Tecan). Trois plaques ont été examinées pour déterminer chaque composé. Les plaques ont été agitées pendant 48 heures afin d’obtenir un équilibre. Les résultats ont été comparés à des mesures de solubilité effectuées à l’aide d’une méthode par agitation manuelle en flacon où 15 mg de poudre et 2 ml d’excipient avaient été ajoutés. Les échantillons ont à nouveau été secoués pendant 48 heures, centrifugés, puis analysés par chromatographie liquide à haute performance (CLHP) pour déterminer la solubilité et pour détecter toute dégradation. Les analyses ont été effectuées en triple.

Résultats

Les résultats ont démontré que certains excipients offrent une meilleure capacité de solubilisation que d’autres. Les résultats ont confirmé qu’une solubilité tributaire du pH est une méthode bénéfique pour les composés ionisables, surtout lorsqu’elle est jumelée à un autre excipient solubilisant. L’ajout d’une barrière solide à la solubilisation d’un composé semble produire un résultat plus prononcé au niveau du seuil de l’état solide. Avant le seuil, la solubilisation du composé était plus spécifique au composé, il est donc nécessaire d’effectuer des tests sur une plus vaste gamme d’excipients.

Les résultats obtenus à partir de la méthode de criblage à haut débit prouvent que l’utilisation de cette méthode pour la solubilité n’aboutit pas à des données numériques différentes par rapport aux données obtenues précédemment en utilisant une approche manuelle. Cette méthode peut fournir des données sur la capacité de solubilisation des composés avec divers excipients, tout en donnant une idée de la stabilité.

La méthode de criblage à haut débit résout les problèmes liés aux approches manuelles en offrant un meilleur rapport coût-efficacité et en utilisant les matériaux de façon plus économique, alors qu’on fait des efforts pour atteindre ces résultats en trois à cinq jours pour chaque ensemble de composés.

Conclusion

Le développement de la plateforme a généré de nouvelles circonstances opportunes pour réduire les délais et les coûts d’élaboration de médicaments. Par ailleurs, l’information recueillie durant le dépistage sera bénéfique dans les stades avancés du développement des formulations. Les excipients seront choisis en fonction des propriétés moléculaires uniques de l’IPA pour conduire à un processus plus rapide. La façon dont les développeurs évaluent la solubilité d’un composé serait ainsi transformée de façon à contribuer à l’augmentation de la probabilité de réussite de la formulation.

** Présenté par Amjad Alhalaweh, de Pharmaceutical Technology. **

MARS 2018

Cette saison, le vaccin contre la grippe développé à partir de cultures cellulaires est 20% plus efficace que le vaccin cultivé dans des œufs, dit le directeur de la FDA

 

Dans le blogue Observations de l’industrie de notre site Web, A&C publie des articles écrits par des experts accrédités traitant de sujets connexes à notre industrie. Voici un aperçu du premier article: «Cette saison, le vaccin contre la grippe développé à partir de cultures cellulaires est 20% plus efficace que le vaccin cultivé dans des œufs, annonce le directeur de la FDA».

 

Cette saison, le commissaire de la FDA, Scott Gottlieb, rapporte que Flucelvax, le seul vaccin antigrippal développé à partir de cultures cellulaires aux États-Unis, semble avoir été 20% plus efficace que les vaccins standards mis au point dans les œufs. (Cité par STAT)

 

Cinq choses à savoir.

 

  1. Gottlieb a mentionné le chiffre de 20% pour la première fois lors d’une audience du sous-comité du Congrès qui a eu lieu le 8 mars au sujet des omissions et des enquêtes concernant la gravité de la saison grippale cette année et la performance apparemment médiocre du vaccin contre la grippe saisonnière. Le directeur de la FDA a confirmé le chiffre dans une entrevue avec STAT après l’audience.

 

«Les données ne sont pas encore définitives, mais à date, je pense que l’efficacité du vaccin développé à partir de cultures cellulaires sera améliorée d’environ 20% par rapport aux vaccins cultivés à base d’œufs», a déclaré le Dr Gottlieb.

 

  1. L’estimation provient des analystes de la FDA qui ont examiné les dossiers médicaux de 16 millions de bénéficiaires de l’assurance-santé (Medicare) afin de déterminer si les taux d’hospitalisation varient en fonction du type de vaccin et de la dose.

 

  1. Bien que l’analyse effectuée par la FDA ne puisse pas décomposer les données par type de virus, la dominance de la souche H3N2 est probablement la principale raison pour laquelle la vaccination basée sur les cultures cellulaires a surpassé la vaccination à base d’œuf.

 

  1. Lorsque les vaccins sont cultivés dans des œufs de poule, ils doivent s’adapter, et cela entraîne parfois des mutations. Ce fait semble être particulièrement fréquent dans le cas des éléments du H3N2. De nombreux experts soupçonnent que les vaccins cultivés dans des cultures cellulaires sont moins susceptibles de présenter des mutations; ce qui, selon STAT, peut contribuer à l’amélioration de l’efficacité.

 

  1. Gottlieb a dit au comité du Congrès qu’il était encore trop tôt pour confirmer que les vaccins cultivés en culture cellulaire sont définitivement plus efficaces, faisant valoir que pendant d’autres années, le vaccin développé dans les œufs de poule était celui qui montrait une meilleure protection contre la grippe. Dr Gottlieb a déclaré que plus de recherches sont nécessaires pour confirmer ces faits, mais si les études confirment que le vaccin de culture cellulaire fonctionne mieux contre H3N2, la FDA pourrait «recommander que les éléments du H3N2 soient produits dans un processus à base de culture cellulaire alors que d’autres peuvent être produits dans des œufs. »
** Cet article a été écrit par Brian Zimmerman de Beckers Hospital Review. **

FÉVRIER 2018

Les fabricants de médicaments abandonnent la méthode par
lots fractionnés en faveur de la production continue

La tendance largement répandue à abandonner la production de médicaments par lots fractionnés fait doubler le marché des technologies de procédés en continu.

Traditionnellement, dans le domaine pharmaceutique, les médicaments sont produits par étapes, lot par lot, ce qui permet aux entreprises de moduler la production en fonction de la demande.

Cependant, de récentes tendances ont révélé que des entreprises pharmaceutiques plus importantes passent aux procédés en continu afin d’améliorer leur productivité.

Les étapes de production qui sont exécutées séquentiellement avec la méthode par lots fractionnés classique sont intégrées à un processus continu. Les ingrédients actifs sont produits dans des unités compactes et fermées, tirant parti des possibilités d’automatisation tout en minimisant les interventions manuelles.

Cette méthode permet aux unités de fabrication d’être utilisées en permanence, diminuant ainsi les fluctuations au niveau de la production, tout en créant des occasions d’effectuer des réactions qui ne pourraient pas être exécutées dans le cadre d’un traitement par lots fractionnés.

Dans le cas des produits pharmaceutiques, les technologies de procédés en continu fournissent des vitesses de développement supérieures et une sécurité de processus accrue lors de l’utilisation d’éléments chimiques dangereux.

Croissance du marché pour cette technologie

Selon Transparency Market Research, on s’attend à ce que le marché des technologies de procédés en continu, qui représentait 1,74 milliard de dollars américains en 2016, atteigne 3 693 milliards de dollars américains en 2025.

L’Europe, qui est la région dominante, représentait une part de marché de 35% en 2016. Cela s’explique principalement par la disponibilité précoce de technologies de pointe ainsi qu’à un plus grand nombre de fournisseurs de technologie dans la région.

Les produits biologiques en tête du marché

Le principal segment d’application pour cette technologie réside dans les produits biologiques, représentant environ 35% du marché, et est suivi par les ingrédients pharmaceutiques actifs.

Le besoin d’accélérer la mise sur le marché dans le contexte de la biofabrication alimente l’acceptation et la mise en œuvre de systèmes à usage unique dans les lignes de fabrication, malgré les possibilités de complications.

L’utilisation d’équipements de procédés biotechnologiques à usage unique accroît l’efficacité de la production et diminue souvent le coût, en particulier lors des étapes préliminaires de recherche et développement.

Certains se sont totalement engagés à se défaire de l’équipement en acier inoxydable, et aspirer à disposer de lignes de fabrication entièrement jetables un jour.

** This article was written by Chanice Henry from Pharma IQ. **